Clôture: Poultrygeist //

Poultrygeist: Night of the Chicken Dead

Lloyd Kaufman, 2006, USA, 99’, 35mm, couleur, VO-StFr
Avec: Jason Yachanin, Kate Graham, Allyson Sereboff, Robin L. Watkins, Joshua Olatunde,Caleb Emerson

On attendait le grand retour du père biologique de Toxic Avenger derrière sa caméra depuis Citizen Toxie (2000 – projeté au LUFF 2002). C’est maintenant chose faite, et ça en valait la peine ! Dans Poultrygeist, Kaufman s’attaque violemment à l’une des industries les plus emblématiques des Etats-Unis – et par extension du monde occidental – : le fast-food. « De nos jours, des conglomérats diaboliques contrôlent la nourriture et les médias que nous consommons – et ce sont les médias qui perpétuent l’hégémonie d’une industrie de la restauration qui est littéralement en train de nous transformer en zombies accros aux McNuggets ». Sa métaphore, il l’applique au pied de la lettre pour dynamiter à sa manière l’impérialisme de la malbouffe dans une tornade de scènes irrévérencieuses débordant de violence, de sexe et de gore; la recette Troma en somme. Au milieu de tout ceci, il en profite pour passer au mixer tout ce qui le dégoûte ou l’emmerde : politique, religion, racisme, homophobie et discriminations de toute sorte, paranoïa post 9-11, hypocrisie des médias, propagande militaire, Hollywood… Tout y passe ou presque et personne n’est épargné.
C’est lorsqu’un restaurant de la chaîne American Chicken Burger est bâti sur les ruines d’un cimetière indien que les choses se mettent rapidement à dégénérer. Le personnel meurt dans de bien sanglantes conditions, pendant que les clients luttent contre une horde de manifestants gauchistes, afin de pouvoir pénétrer les lieux pour ensuite se faire empoisonner par du poulet d’apparence plus que douteuse. Au centre de cette effervescence : une romance. Un jeune homme qui aime une jeune femme qui elle-même aime une jeune femme. Contée à la façon d’une comédie musicale un rien déplacée (mais alors juste un tout petit rien), cette bluette amoureuse témoigne contre toute attente du bon fond de l’auteur de Tromeo & Juliet, puisque porteur d’un message d’espoir. Et peut-être que finalement, derrière cet amoncellement vomitif de tripailles et d’excréments, derrière ces incessantes proférations vulgaires et ces plans-nichons gratuits à répétition, derrière ces explosions fécales et cette satire féroce, se trouve un cœur gros comme ça. Ou peut-être pas.
www.poultrygeistmovie.com