

"C'est dans les endroits les plus improbables qu'il est le plus probable de trouver son bonheur." (Gallivant The Pilot).
Andrew Kötting compte au nombre des artistes britanniques les plus fascinants. Il est sans doute le seul metteur en scène qui reprenne, l'esprit de curiosité visionnaire et de créativité hybride qui caractérisait Derek Jarman (1942-1994). Défricheur sur le plan formel et novateur en matière d'esthétique, il est, comme l'était Jarman, un artiste qui aime travailler en équipe, réunissant autour de chaque projet un groupe d'individus partageant les mêmes intérêts, ancrant sa production prolifique dans la vie de ceux qui lui sont chers.
En vingt ans de carrière, son oeuvre a évolué de pièces souvent absurdes issues des premières heures du living-art, en passant par des dizaines de courts métrages à l'humour noir, à deux longs métrages résolument indépendants qui se servent du paysage anglais (fait rare parmi ses confrères, qui dépassent rarement le cadre urbain) et des voyages pour aborder les questions d'identité, d'appartenance, d'histoire, ainsi que les notions de groupes, par le biais d'un parti pris visuel innovant.
Mais films et vidéos ne reflètent qu'un aspect des thèmes chers à Kötting. Il n'a cessé d'écrire, de se produire, de créer pour des plate-formes numériques, des musées (installations) et travaille de plus en plus en direct sur le son et la musique, en concerts et sur CD. Une telle activité reflète à la fois la diversité de ses intérêts en matière de forme, et son refus d'adhérer à l'idée qui voudrait que l'oeuvre d'art soit prisonnière de son support. Dans l'oeuvre de Kötting, les idées et les images migrent souvent d'un support à l'autre, gagnant ainsi en force et en résonance. C'est cette ouverture d'esprit, doublée d'une intelligence subversive et d'un sens de la farce, qui caractérise son oeuvre énergisante et essentielle (…).
D’après Gareth Evans (traduit de l'anglais par Catherine Gibert)